Lundi 2 janvier 2006

littérature - bandes dessinées

 

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LITTERATURE

 

La dernière arme de Philip Leroy, Ed. Au Diable Vauvert, 602 p., 23 €, paru en février 2007.

Plusieurs disparitions inexpliquées de femmes extrêmement belles et intelligentes forcent les services secrets français à faire appel au meilleur des profilers : Nathan Love. Mais il s'est retiré du monde pour retrouver l'harmonie, l'hishiro. Il va devoir sortir de sa retraite et voyager à travers le monde pour résoudre cette énigme.

 

La quatrième de couverture nous apprend que Philip Leroy est influencé par Hitchcock, Kubrick, De Palma et Tarantino... et ça se sent ! Bien ficelé, ce thriller planétaire est tour à tour fulgurant, violent, comique (humour purement tarantinesque !!!) et toujours plein de suspense. On retrouve avec plaisir Nathan Love que l'on avait laissé amoureux et sur le point de se marier à la fin du précédent opus de Leroy " Le Dernier Testament", disponible maintenant en poche. Un auteur français à découvrir !

 

par Sébastien - Totem

 

 

   Le livre de Joe de Jonathan Tropper, trad. Nathalie Peronny (anglais), Ed. 10/18, 411 p., 8.50 euros, paru en février 2007.


Le personnage principal de ce livre est Joe Goffman, lui-même auteur d'un livre, gros succès récemment adapté au cinéma. Il y racontait ses jeunes années dans une petite ville pleine de préjugés entre un père et un frère obnubilés par le basket, deux amis qui ont du mal à accepter la révélation de leur homosexualité et une bande de gros durs avec qui il a peu d'affinités. Quand il retourne des années après à Bush Falls, au chevet de son père mourant, on comprend aisément pourquoi il n'est pas accueilli à bras ouverts par ceux là mêmes qu'il égratignait dans son roman. Drôle, efficace et incisif, le récit du passé de Joe est habilement dévoilé au lecteur par l'insertion des chapitres du roman maudit. Le livre de Jonathan Tropper pourrait également donner lieu à une excellente adaptation cinématographique, avec le (trop ?) classique happy end.


par Eugénie - Totem

 

 

Chroniques de l'asphalte - tome 1 de Samuel Benchetrit, Ed. Pocket, 187 p., 6.30 euros, paru en mars 2007.


Samuel Benchetrit a à peine 33 ans et déjà une vie bien remplie : écrivain, réalisateur, metteur en scène, scénariste... de quoi noircir quelques pages ! D'ailleurs il se lance dans la rédaction de ses mémoires. Le premier tome de ses cinq "Chroniques de l'asphalte" vient de paraître en poche. Il est question du jeune Samuel dans son immeuble de banlieue. Il a une bonne dizaine d'années, une bande de copains avec qui il fait les 400 coups mais aussi un oeil sur tout ce qui se passe dans le quartier. A côté des expériences de l'adolescence, Samuel Benchetrit nous offre ici une galerie de portraits plus folkloriques les uns que les autres. On s'amuse de ces anecdotes, tellement loufoques qu'elles ont forcément été vécues, et on remercie l'auteur de nous les rapporter avec un ton si frais et spontané.


par Eugénie - Totem

 

 

Déneiger le ciel de André Bucher, Ed. Sabine Wespieser, 146 p., 17 euros, paru en janvier 2007.

 

David, un veuf de soixante ans, vit seul dans une ferme isolée. Nous sommes la veille de Noël, la neige tombe abondamment. David décide de rester chez lui d'autant plus qu'il ne peut circuler, son tracteur étant en panne. Pourtant, Antoine, un jeune homme qu'il considère comme son fils lui annonce sa venue et son ami Pierre, vieil agriculteur a besoin de lui.

 

David part à leur rencontre, à pied, au milieu de la neige, pour un périple plus long que prévu. Le froid, l'effort, l'épuisement le conduisent dans une contrée inattendue, celle des souvenirs du temps passé et des proches vivants ou disparus. Ce texte poétique dépeint magnifiquement la nature qui nous environne et l'effet qu'elle peut avoir sur l'homme.


par Elsa - Totem

 

 

Bleu de chauffe de Nan Aurousseau, Ed. Livre de poche, 153 p., 5 euros, paru en janvier 2007.

 

Daniel a la quarantaine. Ancien taulard, il est désormais rangé et souhaite vivre une vie pas compliquée. Dans le cadre de sa réinsertion, il est embauché dans une boîte de BTP. Son patron, Dolto, est un pourri, un vrai... Un pourri avec des salariés qui sont à sa merci, chômage oblige, mais également un voleur qui essaye d'escroquer son assurance.

 

Dans ce roman en partie autobiographique, Nan Aurousseau raconte avec humour noir ce que peut être le monde des chantiers. Il décrit ce quotidien avec beaucoup de verve et ses dialogues nous plongent directement dans le vécu des personnages.


par Elsa - Totem

 

  

Non, ce pays n'est pas pour le vieil homme de Cormac McCarthy, trad. François Hirsch (anglais), Ed. L'Olivier,  293p., 21 euros, paru en janvier 2007.


En 1980, au Texas, alors qu'il traque des antilopes en plein désert, Llewelyn Moss, un vétéran du Vietnam tombe sur des voitures à l'arrêt, pleines de cadavres, d'armes, de drogues et de plus de 2 millions de dollars en espèces. Moss prend l'argent et la fuite, aussitôt talonné par Chigurh, un tueur fou et maniaque…


Après sept ans d'absence, dans une narration épuré, l'écrivain américain Cormac McCarthy livre
un roman noir halluciné sur fond d'Amérique en déliquescence. Comble du bonheur, les frères
Cohen ont mis l'histoire en boîte, sortie prévue en 2007.


par Gilles  - L'Usage du monde

 

 

Hommes entre eux de Pierre Dubois, Ed. L'Olivier, 146 p., 17 euros, paru en janvier 2007.


Paul Hasselbank, toulousain, divorcé, atteint d'une maladie incurable, n'attend plus grand-chose de la vie, sauf une ultime rencontre avec la femme qui l'a quitté, Anna. Il entreprend un long périple, qui le mène en l'hiver jusqu'à North Bay, une bourgade au bord du lac Nipissing (Ontario). Floyd Paterson vit là, célibataire, grand chasseur, cet homme n'a pas toujours été solitaire : il y a peu, il vivait avec Anna.


Tout le roman converge - sous l'oeil d'un narrateur qui semble les observer à la jumelle - vers la
rencontre des deux. Lorsqu'ils se retrouvent piégés dans un chalet par une tempête de neige, leur
confrontation devient inévitable. Et s'achève sur un face-à-face terrifiant.


par Gilles - L'Usage du monde

 

 

Les arpenteurs du monde de Daniel Kehlmann, trad. Juliette Aubert (allemand), Ed. Actes Sud, 299 p., 21 euros, paru en janvier2007.


Alexander von Humboldt (1769-1859) est un grand explorateur. Carl Friedrich Gauss (1777-1855) est astronome et "prince des mathématiques" (la courbe de Gauss).Ces deux fous de sciences découvrent, inventent et révolutionnent leur époque. Un jour, l'un réussit à faire venir l'autre à Berlin. Que se passe t'il lorsque deux grands esprits se rejoignent ?


Daniel Kehlmann , jeune prodige de la littérature allemande s'amuse à nous raconter les aventures des deux gaillards. L'un est un grand coureur de jupons, l'autre pas…. On se baigne en compagnie de poissons électrique, on fait de l'aérostat avec Montgolfier, on gravit des volcans dans une époque ou tout restait à découvrir. Rafraîchissant.


par Gilles - L'Usage du monde

 

 

   Le rêve du village des Ding de Yan Linke, trad. Claude Payen (chinois), Ed. Picquier, 329 p., 20 euros, paru en janvier 2007.


Des millions de litres de sang sont pompés dans un pays en voie de développement et
acheminés jusqu'aux riches occidentaux…


Basé sur trois années de recherche dans sa province de naissance, la plaine du Henan , une des plus pauvre de Chine, l'auteur dénonce une catastrophe sanitaire, des paysans vendaient leur sang et des centaines de milliers de personnes ont été contaminées par le virus du sida.


Après le décapant Servir le peuple, Yan Linke a poussé le bouchon trop loin et les chinois ne
liront malheureusement pas son dernier livre. Profitez de votre chance !


par Gilles - L'Usage du monde

 

 

Malacarne de Giosue Calaciura, trad. Lise Chapuis (italien), éd. Les Allusifs, 175 p., 16 euros, paru en mars 2007.

Malacarne est un roman noir. Un roman violent et superstitieux.
Malacarne est le long monologue d'une petite frappe palermitaine qui rapidement va transcender son état de moins que rien pour devenir tous les mafieux et toutes les victimes de coups de couteaux et de balles perdues ou désirées. Le narrateur s'addresse à monsieur le juge, interlocuteur rédempteur et victime absolue, dans une longue incantation qui dresse l'histoire glaçante et ensanglantée, absurde aussi, de la mafia : hydre universelle qui grouille dans les ombres de tous les continents et dont l'ombilic métaphysique est Palerme.


Il faut noter la langue de Calaciura, qui claque comme un fouet après avoir effectué d'amples mouvements baroques.

 

par Antonio - Le Libr'air

 

 

   Bréviaire des artificiers de Mathias Enard, éd. Verticales, 107 p., 15.50 euros, paru en février 2007.


Pied de nez jubilatoire et absurde aux terroristes de tous temps et du monde entier, Bréviaire des artificers est un véritable petit précis de plasticage qui place l'art du dynamitage au rang des Beaux-arts, bien loin, donc, de toute morale ou idéologie fanatique ! Les 30 figures dessinées par Pierre Marquès illustrent à propos cette leçon, que le disciple Virgilio avait reçu lui-même du Maître...
Attention, humour féroce explosif, cardiaques s'abstenir.


par Antonio - Le Libr'air

 

 

Commentaire autorisé sur l'état de squelette d'Eric Chevillard, éd. Fata Morgana, 75p., 13 euros, paru en avril 2007.


Neuf courts textes où l'on retrouve la verve joyeuse et ironique d'Eric Chevillard, l'auteur de Démolir Nisard, Le vaillant petit tailleur ou encore Du hérisson. Un homme promène sa tête, un second reste l'ultime spectateur, sous le déluge, d'un spectacle de danse, un autre se bat avec lui-même, un autre, un autre... pratiquement tous cessent d'exister, leurs corps restant le dernier rempart de la concscience.


par Antonio - Le Libr'air

 

 

    Mystes de Julien Schuh, éd. Minuscule, coll. Miniatures, 40p. 3 euros, paru en mars 2007.

 

Dans des tournures simples semblables à celles d'un ethnographe, Julien Schuh développe les cosmogonies de peuples imaginaires, inventant pour l'occasion le genre du myste, « ce mot pris (par les vertus d'une étymologie rêvée) dans un sens spécial qui rajoute à celui d'initié la rigueur du mythe et le goût de la mystification. »
Un voyage initié par l'auteur au coeur de civilisations perdues, dont les credos absurdes les mènent forcément à leurs pertes.


par Antonio - Le Libr'air

 

 

    Tchelovek ou rien de Julien Frantz, éd. Minuscule, coll. Miniatures, 40p. 3 euros, paru en mars 2007.

 

Trois nouvelles qui posent chacune à leur manière la question essentielle : les univers parallèles de la fiction sont-ils dangereux ? Julien Frantz nous avertit d'emblée : « Le lecteur qui s'apprête à découvrir ce texte risque de se blesser s'il n'y prend pas garde. Je le conjure de prendre mon avertissement au sérieux. »


par Antonio - Le Libr'air

 

 

    Mitsuba de Aki Shimazaki, éd. Actes Sud, 157 p., 14.80 euros, paru en janvier 2007.

 

Le titre du roman est une traduction du mot Trèfle, nom du bar où le narrateur/héros donne rendez-vous à celle qui devient l’amour de sa vie. Au fil de leurs rencontres, les sentiments s’épanouissent pour donner naissance à une belle histoire d’amour mais au Japon, l’amour réciproque ne suffit pas pour que l’histoire finisse bien.

 

La société, omniprésente, pour faire des individus ce qu’ils doivent être pour le bien de l’entreprise au détriment de leur vie personnelle. Au détour des personnages, avec le regard du narrateur, on voit comment l’entreprise façonne et détruit les individus qui ne rentrent pas dans le moule, comment les vies sont brisées, au nom d’une entité abstraite.

 

La violence feutrée de ce petit roman est magnifique de sobriété. Il n’y a pas de place pour la révolte, la seule issue étant la fuite. Quoique très forte, cette description de la société japonaise échappe à la caricature que l'on nous inflige habituellement.


par Gilles - L'Usage du monde

 

 

    Par-dessus bord de Kenneth Cook, trad. Mireille Vignol (australie) éd. Autrement, 175 pages, 14 euros, paru en mars 2007.

 

Embarquez à bord de la Santa Maria avec Jack Forster et Bill, son "nègre". Pêcheur de thon de Bernardine (Australie) et criblé de dettes, Jack s'obstine dans l'achat d'un thonier et joue, contre l'avis de tous sa survie financière, familiale et mentale pour une campagne de pêche qui, croit-il, doit définitivement le sortir d'affaire.

 

Ce roman très réaliste sent le vent du large, le fuel et le poisson. Dur, violent dans la description des affrontements entre communautés australienne et italienne les métèques, cette fresque sociale est sans espoir et quand Jack coule… cela n'étonne personne.

 

Auteur australien contemporain, Kenneth Cook est encore méconnu en France, son talent de raconteur d’histoires est immense. A lire dans la foulée "cinq matins de trop", même éditeur.


par Gilles - L'Usage du Monde

 

 

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BANDES DESSINEES

 

 

Death note T1 de Ohba et Obata (japon), éd. Kana, 210 p., 5.95 euros. Paru en janvier 2007.

 

Un jour comme tous les autres pour Ling Yagami, 17 ans : il s'ennuie. Pour le garçon le plus intelligent du lycée, les jours se suivent et se ressemblent. Mais contrairement à ce qu'il pense, cette journée ne sera pas ordinaire : Ryûk, Dieu de la mort, a perdu son Death note sur Terre et celui qui le retrouvera se verra doté du pouvoir de donner la mort à quiconque. Au même moment Ling aperçoit un petit cahier au milieu de la cour...

Une grosse dose de fantastique mâtinée de polar, un très bon premier tome d'une série qui en comptera 12. Le tome 2 est d'ores et déjà disponible depuis le 2 février, où l'on suit Ling aux prises avec un mystérieux enquêteur : L dont personne ne connaît le visage.

 

par Sébastien - Totem

 

 

Nonnonba de Shigeru Mizuki (japon), éd. Cornelius, 420p., 29 euros, paru en mars 2007.

 

Dans les années 1930, dans une petite ville japonaise, NonNonBâ, vieille dame superstitieuse, est recueillie par la famille du jeune Shigeru. Encyclopédie vivante des croyances et légendes populaires, cette grand-mère d'adoption abreuve l'imaginaire du garçon d'histoires de yôkaï, ces créatures surnaturelles qui peuplent l'univers des hommes.  Shigeru trouve en eux d'excellents guides pour grandir même s'ils embrouillent parfois considérablement sa vie quotidienne : Il est déjà bien assez difficile de savoir à qui se fier sans que des monstres bizarres et malicieux viennent s'en mêler...


Meilleur Album 2007 au festival d'Angoulême, Nonnonba est un chef d'œuvre de tendresse à lire par tous les publics et de préférence en famille. Quelques notes situent la dimension autobiographique. La lecture dans le sens traditionnel, donc à l'envers, n'est pas un obstacle. Un classique indispensable !

 

par Gilles - L'Usage du monde

 

  

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